|
- Présentation Générale du territoire :Province de Zagora ( Vallée du Draa)
Pays multi-éthnique (berbères, arabes, harratins) né de l'union de la montagne et du désert, de la rencontre de l'eau et du soleil, des dunes et des ergs… |
|
Située au sud-est du royaume du Maroc, la vallée du Dra fait partie de l’étage bioclimatique saharien et s’étend sur une surface de 23 000km². Elle est limitée au nord par les provinces d’Ouarzazate et d’Errachidia, à l’ouest par la province de Tata, au sud et à l’est par la frontière Algéro-Marocaine. Par sa situation, la province de Zagora occupe une position relativement excentrique et éloignée par rapport aux principaux centres nationaux. Le territoire est dominé par la chaîne de l’Anti-Atlas, d’altitude modérée. La Région est compartimentée en différents reliefs (vallées, montagnes, plaines, plateaux, ergs, regs). La Vallée du Draa s’étend sur 200 km de long, elle présente un chapelet d’oasis assez verdoyantes. Sa mise en valeur dépend largement des apports en eau. Or la pluviométrie annuelle varie de 100mm (Agdez) à 60mm (Zagora) et diminue progressivement vers le sud. Les autres zones géographiques sont exploitées à des fins pastorales par des populations sédentaires et nomades. Les vents chauds et secs (chergui) soufflent fréquemment en été, mais peuvent avoir lieu aussi à tout moment de l’année.
La vallée du Dra se distingue par son patrimoine culturel et historique riche ; sa civilisation agraire ancienne et aussi par son écosystème fragile à la merci des revers climatiques et sous pression d’une croissance démographique accélérée.
Ainsi, la croissance démographique, aggravée par la faiblesse des investissements et l’absence des ressources autres que le tourisme et l’agriculture de subsistance, ont conduit à une pression progressive sur les ressources naturelles et par la même à une surexploitation devenant menaçante à l’équilibre écologique.
Les premiers symptômes sont l’abaissement du niveau de la nappe phréatique, la salinisation, l’érosion, l’ensablement des terres agraires et la dégradation du couvert végétal. Cette situation avait pour conséquence la diminution de la production animale et végétale, l’émigration et l’accroissement des conflits liés à l’exploitation des ressources.
- La vallée du Dra, une région typique ou le passé est présent
Dans l'Antiquité, le Draa était le plus long fleuve permanent du Maroc. Ses eaux, prenant naissance dans le haut Atlas, se jetaient dans l'océan Atlantique ( près de Tan-Tan) après une course de mille ceux cent kilomètres. Les vieux textes parlaient d'une région prospère et même de crocodiles. Les fossiles de la région( trilobites, amonites,…) témoignent géologiquement que la formation de ses terres remontait à l ère primaire. Aujourd'hui, régulé par le barrage El Mansour Dahbi, le Draa abreuve encore assez généreusement sa vallée avant de se perdre dans les sables, au-delà de Mhamid.
« Malgré tout, on doute que l'Antiquité soit si lointaine; sur les chemins de terre, ânes et mulets vont d'un trot sec, les bastes pleines de légumes et de dattes, et partout, c'est un peuple voué aux traditions qui vaque à ses besognes séculaires: jeunes femmes transportant du bois de feu sur leur dos, gamins tirant l'outre du puits ou courant, pieds nus, derrière un cerceau de fer, mule traversière qui transbahute des piétons en djellabah d'une rive à l'autre, une lessive étalée sur la roche d'une colline. »
La bibliothèque de tamgroute, qui abritait des milliers de manuscrits très anciens (actuellement des centaines) dans les différentes spécialités, constitue une rétrospective de la civilisation qui régnait dans ces terres.
2- La vallée du Dra : Potentialités et contraintes
Potentialités :
- Population très jeune (+ de 60% de la population a moins de 30 ans)
- Tissu associatif motivé, diversifié et réparti dans toute la province.
- La solidarité et le travail collectif, valeurs enracinées dans l’esprit des populations.
- Graçe à ses paysages typiques, à son art architectural spécifique et à ses sites archéologiques, possibilité de développer davantage un tourisme culturel et écologique.
- Les kasbahs, communautés de solidarité géographique, sont de véritables carrefours ethnique, linguistique, culturel,…recelant un capital social, extrêmement riche en matière d’expériences et de méthodes de travail qu’il faudrait valoriser au cours des différentes activités.
- Capitalisation d’un certain nombre d’activités de développement durable par les associations.
- La cohabitation historique entre les différentes tribus dans la région a engendré un climat propice pour la tolérance.
- Ressources humaines compétents et engagées en matière de développement local et de mobilisation des potentialités.
Contraintes :
- Taux d’analphabétisme élevé surtout chez les adultes (les femmes en particulier).
- Investissements très faibles et absence quasi-totale du secteur privé à l’exception du tourisme.
- Enclavement relatif de la région et elle n’est desservie que par des routes sinueuses et mal entretenues.
- L’eau devient de plus en plus rare, et ce, pour les trois raisons principales suivantes : l’accroissement démographique rapide, le développement du tourisme et l’extension de l’agriculture en dehors es palmeraies traditionnelles.
- La désertification : 50 ha de terrains purement agricoles sont envahis annuellement par le sable et sont mis automatiquement hors utilisation.
- Destruction de la palmeraie par la maladie de Bayoud.
- Extermination d’une partie de la faune due essentiellement à des activités anthropiques.
- Salinité et érosion hydraulique et éolienne des sols.
- Non maîtrise des circuits de commercialisation des produits agricoles.
- Faible couverture médicale.
3-activités économiques
3.1 Agriculture et élevage :
- La richesse de la vallée, ce sont les dattes. Seize variétés différentes y ont été recensées qui, sur deux millions de palmiers-dattiers, produisent annuellement vingt mille tonnes de dattes
- Polyculture – fermes familiales – autoconsommation – productions de subsistance
- Commercialisation de quelques productions agricoles (les bénéfices sont pour les intermédiaires qui ont les moyens d’acheter en quantité suffisante, de trouver les acheteurs et d’assurer la logistique
- Commerce (achats – ventes sans transformation ni valeur ajoutée). Un projet de commerce équitable est actuellement en étape de discussion entre l’association Al Amal et des partenaires Belges.
- Avant, il y a eu une usine d’emballage et de transformation des dates en confiture et chocolat. un investissement de l’état qui a été fermé pour des raisons de mauvaise gestion.
- En 2005, une convention a été signée entre la fondation Mohamed V pour la solidarité et le conseil de la région Sous Massa Draa, en vue de créer une coopérative et relancer l’usine.
- Activités artisanales à base des branches des palmiers dattiers, de laine, de poils de chèvres, d’argiles (poterie), d’argent (bijouterie),..etc.
-
Une réflexion est menée sur la production de la datte bio (projet en cours avec l’Association Forum Essor. Valorisation des produits + biodiversité des variétés à partir des dattiers. Sélection des meilleures variétés et résistant aux maladies
- Elevage : Un Groupement d’éleveurs est créé, encadré par l’association nationale d’éleveurs d’ovins et caprins ( ANOC) : suivi, contrôle, sélection des meilleures races, subventions,…
- 10 associations ont monté 10 bergeries dont chacune est composée de 20 brebis et un mouton généteur et ceci en partenariat avec la fondation Mohamed V pour la solidarité en vue de créer des activités génératrices de revenus pour les femmes issues de milieux défavorisés. Un groupe de 25 femmes, encadré par un technicien vétérinaire, prend la responsabilité d’une bergerie : élevage, soins, vente, comptabilité, suivi, distributions des subventions…
3.2 Le tourisme
- Il existe quelques infrastructures d’accueil (des Riads…., depuis les années 60 – plusieurs hôtels privés appartenant à des Résidents de la Vallée, des Maisons d’hôtes …des hôtels marocains « franchisés » ou appartenant à des chaînes hôtelières)
- Les atouts et produits touristiques : Tournées chamelières, randonnées en caravane, bivouacs,…dépaysement, richesse de la culture locale, les Kasbah de Zagora, les Palmeraies, les cures de bains de sable, sites historiques et culturels, Troupes folkloriques diversifiées, le lever et le coucher de soleil, calme et apaisement des nerfs.
- Le Projet ‘’Bienvenue à Amzrou( Zagora) : site culturel, s’intéresse à la valorisation des sites historiques, à mettre en exergue la richesse du patrimoine culturel. Il s’agit de la mise en place d’un dispositif intégré de visites guidées des sites historiques de la localité d’Amzrou organisé et géré par les associations locales et reposant sur des accompagnateurs guides locaux formés à exercer cette activité avec la rigueur professionnelle requise . Ont pris part à ce projet le conseil provincial du tourisme, deux associations locales, la préfecture le conseil régional et une unité d’accueil touristique.
|